Réseau des médiathèques ECuME

Ce n’est pas un roman que Eric Emmanuel Smitt nous livre, c’est une période de sa vie (2 ans). Il exprime ses sentiments, son désarroi après le décès brutal de sa mère avec laquelle il était très lié. "Maman est morte ce matin et c’est la première fois qu’elle me fait de la peine".


Mais surtout, il nous fait revivre des moments extrèmement forts passés avec elle. A travers ceux-ci, il raconte son histoire, sa vie. Sa mère est toujours très vivante au travers de son fils. Il a un devoir de bonheur envers celle qui voulait que son fils soit heureux.
Journal de cette vie qu’il faut poursuivre : maison à vider, souvenirs d’enfance, comme sa robe de baptème retrouvée entre des feuilles de papier japonais. "Vais-je jeter ce vêtement que ma mère a conservé pendant cinquante sept ans?"

Réflexions autour de certains mots:

"La joie s’en est allée, elle a détalé tel un animal sauvage, j’ignore où elle s’est réfugiée. Jamais: première fois que je ressens ce mot. Amputé : quelque chose n’existe plus qui continue à me meurtrir. Silence: n’entendent-ils pas mon silence qui hurle?"
Eric Emmanuel Smitt est déçu de ne pas retrouver sur des carnets que sa mère écrivait en sa présence, une précision le concernant.
Sa mère lui a inculqué l’amour du théâtre,de la lecture, de l’écriture ( il l’utilisait comme exutoire ) Elle lui a inculqué aussi l’amour des animaux ( malgré la réticence de son père )

Ce récit n’est pas noir, il est très beau, nous montre comment on peut revenir à la vie, grâce à l’écriture, au théâtre. Ce journal évoque le présent d’une détresse en même temps que le passé d’un bonheur.
Eric Emmanuel Schmitt « parvient à transformer une expérience de la mort en une splendide leçon de vie ».

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